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La voie du Nord

Il est parti un dimanche matin, le 5 juillet 2020, avec le vélo de son grand-père, qu’il a fini de restaurer pendant le confinement. Joyeux. Une année qu’il attendait cela. Le confinement a accentué ce désir de rouler. De retrouver son Nord. L’appel du Nord. La voie du Nord, une rengaine lancinante… mais surtout un projet. Rentrer dans le Nord chez ses parents. Sans les prévenir. Arrivée prévue… quand ses jambes et son vélo l’y auront emmené. C’est chose faite en ce samedi 12 juillet.

L'objet de ce billet n'est pas de raconter les 752.35 km qu'il a parcourus entre Saint Just d'Avray (69) et Brebières (62), mais plutôt de vous partager l'histoire des échanges d'un groupe WhatsApp.

Je suis fan des aventures de mon mari, Frédéric Loyez, artisan vélo installé à Saint Just d’Avray, originaire de Brebières dans le Pas de Calais. Le jour de son départ, il a créé un groupe avec sa sœur, qui était dans la confidence et en charge de s’assurer que les parents seraient à leur domicile le jour où il arriverait, si il arrivait. Oui parce qu’il doutait. Mais nous non.

Peu à peu le groupe s’est enrichi avec une amie de Grandris, sa cousine Mimi de Nancy, son cousin Jéjé de Vincennes et son meilleur pote Hugues du Puy en Velay. Même le copain de sa soeur à Saint Quentin, avec qui les présentations allaient se faire sur la route, était de la partie.

Tout au long de son périple, il nous a partagé ses étapes, ses petits bonheurs, ses petites douleurs. Merci les nouvelles technologies pour ce qu’elles permettent. On a été sa caravane.

Je trouvais ça génial de partager ces moments tous ensemble. A distance mais ensemble. Et puis l’aventure a pris fin, le groupe est resté ouvert, mais c’est terminé… on finira par avoir besoin de place dans nos smartphones et on supprimera le groupe et tous les échanges, photos avec. Et il ne restera rien.

Et moi j’aime bien les souvenirs, ceux qu’on garde avec soi, ceux qui nous rappellent qui on est, ceux qui nous donnent envie de rouler, encore. Mais j’aime bien qu’il en reste quelque chose. J’adore les carnets de voyages. Je décide alors que ce groupe en deviendra un.

Le nom original du groupe est « Le Nooooord à vélo ! ». Je le transforme en « La voie du Nord » . Une retranscription des échanges complétée par les photos partagées, et qui tient en un document PDF de 33 pages.

J’étais contente de mon forfait que j’ai rédigé en une après-midi où j’étais assignée à mon domicile en attente d’un résultat de test Covid-19.

« – Tu fais quoi cet aprem’ qu’il m’a dit…
Oh rien je lis, j’écris un truc sur une amie entrepreneure que je voulais faire depuis longtemps ».

Et puis ce soir, alors qu’il ferme l’atelier et qu’on se pose, je l’invite à regarder ces mails. « T’es sûre… c’est l’heure de l’apéro là ?! »

Oui je suis sûre… il se plonge dans la lecture, je suis contente de mon forfait, je guette sa réaction. Les yeux humides m’en disent suffisamment pour que je sache combien il est ému. MERCI qu’il me dit.

Et puis en forme de boutade, je lui dis,
« – j’ai bien une petite idée mais je ne suis pas sûre que tu vas dire oui…
et bien dis toujours…
et si je proposais le récit à La Voix du Nord ?!
Ah mais carrément !!!

Je ne m’attendais tellement pas à cette réponse, par modestie, par timidité. Moi j’avais l’intuition que c’était un sujet d’actualité pour les pages estivales de l’édition Arrageois-Ternois de la Voix du Nord. Je me suis donc activée sur LinkedIn et Facebook pour demander de l’aide à mon réseau pro du Nord, et aux amis de là-haut. Je ne sais pas grâce à qui j’ai réussi à entrer en contact avec eux (merci le réseau !) mais nos échanges ont donné lieu à une double page dans l’édition du mercredi 19 août. Ça n’a pas été facile de gérer cela pendant notre périple familial en vélo et en Baie de Somme mais merci aux journalistes qui ont tenu leur parole !
« On met ça à l’ordre du jour du comité de rédaction de lundi et on vous tient au courant.« 
Plusieurs échanges de mail plus tard, l’article était rédigé à partir des 33 pages que je leur avais partagées. Fidèle à Fred et à son aventure.

Je me suis sentie comme une gamine. J’y ai cru, j’ai fait ce qu’il fallait et ça a marché. J’étais tellement heureuse !! Parce qu’il le vaut bien, parce que j’aime écrire et que j’ai envie d’aller plus loin dans cette voie, la petite voix s’est faite entendre, pour donner de la voix à celui qui a suivi sa voie sur 752.35 km. Suivez-la, elle sait où elle vous emmène, elle.

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