Humeur du jour

Souvenirs glacés

Ce jeudi 29 octobre, il bruinait. Les belles couleurs chatoyantes d’automne ont du mal à balayer la grisaille. Et pourtant c’est ce jour-là que nous avons choisi, en famille de découvrir les Glacières de Sylans, à Saint Germain de Joux.

Des années que je passe à côté (il est en contrebas de l’autoroute A40 qui me mène, ou me ramène de Chamonix où je passe beaucoup de temps depuis plusieurs années).

Et donc, des années que je regarde ce bâtiment industriel tomber en ruines, des fois il y a de la neige, d’autres fois je l’aperçois à travers les volutes de brouillard, ou écrasé par le soleil.

Et puis un jour je comprends qu’on peut le visiter, mais « y a pas le temps ».

Ce jeudi, veille de reconfinement, j’y retrouve mes parents car cet endroit est à mi-route entre Chamonix et Saint Just d’Avray. Un lieu pratique pour se retrouver et « se passer les enfants » pendant les vacances scolaires. Car nous y tenons, que les générations se côtoient et partagent ensemble des moments… pour pouvoir se raconter des histoires !

Il bruine, nous mangeons notre sandwich sur le parking des Glacières, à bonne distance les uns des autres, et puis je me dis « ah zut j’irais bien les visiter mais je n’ai pas les bonnes chaussures » (des fois, ce que je peux être futile…). Mon père se penche et regarde le sentier « allez viens c’est aménagé, tes chaussures ne craignent rien ».

Nous voilà donc partis, ma mère, mon père et mes deux pirates pour parcourir les ruines des Glacières de Sylans, dont je ne referais pas l’histoire car vous trouverez toutes les infos en suivant le lien.
Sachez que l’hiver, parce que les frigos n’existaient pas encore, des ouvriers découpaient des blocs de glace (il faisait jusqu’à -20°C) qui étaient ensuite acheminés par le chemin de fer jusqu’à Lyon, Paris et même Alger !

Mais ce qui m’intéresse, c’est ce beau cadeau que m’a fait mon père ce jour-là. J’ai en effet découvert que mon grand-père livrait de la glace à Paris dans les années 1930, dans l’entreprise de son frère… même si ce n’est pas de là qu’elle venait (question de chronologie mais aussi parce que la glace de production artificielle remplaçait peu à peu la glace naturelle…).

Maurice, le frère de mon grand-père au volant de sa camionnette de livraison « Glace à rafraîchir » – © Archives Bernard François – tous droits de reproduction réservés au seul usage de la famille François

Merci le destin… c’est toi qui a fait en sorte que nous visitions ces lieux ensemble, ce jour précisément. J’ai découvert un lieu chargé d’Histoire, rempli d’histoires, et notamment de la mienne.

Comme quoi, rien ne sert de vouloir à tout prix faire quelque chose, cette visite nous attendait, ensemble hier, alors qu’il bruinait. On y a passé un peu plus de 30 min et j’ai trouvé que le temps s’arrêtait, c’était agréable, c’est un lieu très bien mis en visite et j’aurais presque senti le froid glacial nous envahir tout autant que les bavardages des ouvriers au moment de leur pause.

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