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Sur ma route #19 : km1

Jeudi 19 novembre

Aujourd’hui, je suis restée (ou de retour) sur la page 101 de l’Atlas Routier France Michelin de 1996. Pas envie de quitter mon kilomètre. Comme une envie de rester chez soi, parce que c’est bon aussi d’être chez soi, parmi les siens. Des fois on a juste besoin de petites choses, une tisane, un canapé, un plaid, un livre, un carnet pour écrire. C’est bien plus que tout ce qu’on peut espérer trouver ailleurs. 

Pourtant j’ai pris la poudre d’escampette. J’ai rempli mon attestation, et oui j’ai dépassé le kilomètre autorisé, sans croiser personne. Je suis montée direct par le chemin qui s’enfile derrière chez moi, puis j’ai rattrapé un chemin forestier seulement emprunté par les exploitants forestiers quand ils s’occupent d’une parcelle. Et ce jour-là, à part moi, les feuilles orangées tombées à terre et qui bruissent quand on les bouscule, quelques oiseaux que j’ai entendu décoller des branches… et bien aucune autre présence que celle du vent qui a fouetté mon visage, qui m’a permis d’en prendre plein les poumons, de me sentir vivante absolument.

D’une oreille, j’écoutais la nature, de l’autre j’entendais Bruce Springsteen me chanter “We go down to the River”.

Et moi j’avais envie de crier “I went up to the mountains, close to the head of the trees” (traduction by myself).

Bien sûr ça résonnait moins bien que ce grand artiste, mais quand même, qu’est ce que c’était bon, de souffrir un peu parce que le chemin est raide. Et en même temps de savoir que ma maison était là, tout près et que je pourrais très vite m’y retrouver. M’y ressourcer. 

Partir loin, partir tout court, et toujours revenir quelque part. On va la reprendre la route, ne vous inquiétez pas… c’était juste important de faire une petite pause. 

On y (re)va ? 

Alors demain, où allez-vous nous emmener ?!

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